L'art ancestral
Lbokator : l'art khmer ancestral
Ce qu'est le Kun Lbokator, son lien avec le Kun Khmer que vous voyez au bord du ring, ce que l'UNESCO a inscrit en 2022, et ce que les sculptures d'Angkor prouvent — et ne prouvent pas.
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Le Kun Lbokator est un art martial cambodgien que l'UNESCO a inscrit sur sa liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2022. C'est un système plus vaste que le sport de gants et de ring que vous regardez au bord du ring, englobant les frappes, le grappling et les armes, et il se pratique aux côtés de la danse, de la musique et de la médecine traditionnelle. Le Kun Khmer est né de traditions martiales khmères plus anciennes souvent appelées Bokator.
Ce que l'UNESCO a inscrit
En 2022, l’UNESCO a inscrit le Kun Lbokator, art martial traditionnel du Cambodge, sur sa liste. Sa description le présente comme un art martial remontant au premier siècle. Il développe la force physique et mentale ainsi que la discipline par des techniques d’autodéfense et une philosophie de non-violence, enseigne le respect de la nature et une conduite irréprochable, et se pratique largement à travers le Cambodge, par des personnes de tout âge, genre et milieu. Cet art est encore exécuté lors d’offrandes rituelles aux divinités locales et lors de festivals.
Ce que signifie le nom
Le ministère des Affaires étrangères du Cambodge indique que ce nom est souvent traduit par « pilonner un lion », à partir des mots signifiant pilonner et lion, et souligne que le Lbokator est un style, et non un terme désignant tous les arts martiaux khmers. Vous le verrez orthographié Bokator, L’Bokator et Lbokator. Une légende d’origine, reprise sur Wikipédia, raconte qu’un guerrier armé seulement d’un couteau tua un lion attaquant d’un seul coup de genou. Les sources donnent des lectures légèrement différentes du nom ; considérez donc toute traduction unique comme une version parmi d’autres. Le ministère des Affaires étrangères du Cambodge ajoute que le symbolisme de cet art inspire aussi le théâtre, la danse et l’art du récit.
Ce qu’il englobe
Le Lbokator couvre le combat rapproché avec les mains, les coudes, les genoux, les pieds et la tête, ainsi que les techniques au sol et les armes. Les élèves s’entraînent d’abord à mains nues, et les armes, généralement de courts bâtons, n’interviennent qu’une fois qu’ils font preuve de maîtrise. Le krama, l’écharpe traditionnelle à carreaux, fait partie de la tenue, et les grades sont marqués par les couleurs du krama. Les femmes s’entraînent à égalité, même si leurs rôles dans certains rituels diffèrent. Rien de tout cela ne correspond au format d’un seul sport d’une carte de Kun Khmer, construit autour de gants, de rounds et d’un arbitre. L’entraînement mêle aussi compétence physique, discipline et conduite sociale, et les maîtres sont décrits comme des intermédiaires avec les esprits gardiens ; l’art possède donc une dimension spirituelle qu’une carte sportive n’a pas.
Lbokator et Kun Khmer
Wikipédia indique que le Kun Khmer est issu des traditions martiales khmères aujourd’hui souvent appelées Bokator, et son article sur le sport au Cambodge décrit le pradal serey comme un système freestyle simplifié qui s’inspire des techniques de base du Bokator. Les deux sont donc apparentés, mais pas identiques. Le Lbokator est un système avec des armes et des grades. Le Kun Khmer est le sport de combat debout réglementé que les règles françaises ont façonné au début du XXe siècle, et c’est ce que vous voyez lors d’une carte en direct à Phnom Penh.
Ce que montrent les sculptures
Les bas-reliefs des temples de la période d’Angkor, notamment Angkor Wat et le Bayon, représentent des techniques telles que clés de bras, clés de cou et coups de genou. Un archéologue de l’autorité qui gère le parc archéologique d’Angkor a déclaré que certaines sculptures sont liées au Kun Khmer, à la lutte et au Lbokator. Les sculptures correspondent à ces arts, sans pour autant prouver une continuité ininterrompue jusqu’aux écoles actuelles. Considérez-les comme le signe que le combat faisait partie de la vie khmère dès la période d’Angkor, plutôt que comme un témoignage complet d’un seul art martial.
Ce que cela signifie pour votre soirée
Une carte en direct à Phnom Penh, c’est le Kun Khmer, le sport de gants et de ring, et non le Lbokator. Les deux partagent une histoire, que votre chauffeur pourra évoquer en expliquant le sport en anglais avant votre entrée dans l’arène, et le billet en petit groupe mentionne des commentaires qui relient ce sport à l’histoire de l’Empire khmer. Si les sculptures de pierre ou l’inscription à l’UNESCO vous intéressent, prenez-les comme toile de fond des combats : la soirée montre le sport moderne, et l’art plus ancien explique l’origine d’une grande partie de son vocabulaire.
Perdu, puis ressuscité
Les années des Khmers rouges, de 1975 à 1979, ont dévasté cet art : de nombreux pratiquants ont été tués, ont fui ou ont dissimulé leur savoir, et les arts martiaux autochtones ont été interdits par la suite. San Kim Sean, souvent appelé le père du Bokator moderne, est revenu au Cambodge en 1995 pour le réintroduire, et la première compétition nationale a eu lieu en 2006. Aujourd’hui, une fédération nationale opère sous le Comité national olympique. Cette histoire récente constitue le contexte de l’inscription à l’UNESCO en 2022.
Questions fréquentes
Le Lbokator figure-t-il sur la liste de l’UNESCO ?
Oui. L’UNESCO a inscrit le Kun Lbokator, arts martiaux traditionnels du Cambodge, sur sa liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2022.
Le Lbokator est-il identique au Kun Khmer ?
Non. Le Kun Khmer est issu de traditions martiales khmères plus anciennes souvent appelées Bokator, mais le Lbokator est un système plus vaste, avec armes et grades. Le Kun Khmer est le sport réglementé avec gants et rounds.
Verrai-je le Lbokator lors d’une soirée au bord du ring ?
Vous verrez des combats de Kun Khmer. Votre chauffeur pourra mentionner le Lbokator dans le contexte de ce sport, mais la carte en direct est du Kun Khmer.
Sources